Pourquoi certaines personnes réussissent-elles plus facilement ?

Pourquoi certaines personnes réussissent-elles plus facilement ?

On connait tous au moins une personne qui nous donne l’impression de réussir facilement tout ce qu’elle entreprend. Sans travailler plus que ça, sans faire d’efforts.

On se dit alors qu’elle a de la chance. Avoir autant de capacités est un véritable don de la nature. Et c’est profondément injuste, car nous, nous avons besoin de travailler des journées entières pour arriver aux mêmes résultats.

Et si vous aviez en réalité totalement tort. Que cette personne est en fait tout à fait “normale” ?

Personne n’est doté d’une prédisposition naturelle à la réussite. Absolument personne. En revanche, certains savent comment se mettre dans les bonnes dispositions pour réussir. Et cela, tout le monde en est capable, il suffit simplement de comprendre les mécanismes essentiels.

Evidemment, le titre est provocateur. La plupart de ceux qui réussissent se donnent en réalité beaucoup de mal pour atteindre leurs objectifs. Nous sommes d’accord là-dessus.  Simplement, ils savent comment se rendre la tâche plus facile. Ils connaissent le pouvoir de la méthode. Et surtout, ils ont compris comment fonctionne leur cerveau.

Tentons de mieux comprendre comment les petits génies se débrouillent pour réussir avec autant de facilité  afin d’avoir la chance de pouvoir peut-être devenir l’un d’entre eux.

Travaillez trop, pour quoi faire ?

Tout au long de ma scolarité, j’ai pu constater à quel point la plupart des élèves étaient convaincus de la chose suivante : réviser plus entraîne systématiquement de meilleurs résultats.

Ainsi, une grande partie d’entre eux se fixaient des emplois du temps de révision complètement ahurissants, avec des semaines de plus de 60 heures de travail. Même un chef d’entreprise pourrait ne pas en faire autant !

L’erreur ici est de privilégier la quantité coûte que coûte. Vivement encouragé par le corps enseignant, il faut bien le reconnaître. 

Evidemment, cela ne tient absolument pas compte d’une variable essentielle : le fonctionnement de notre cerveau. 

Quand nous souhaitons connaître l’ensemble des goûts et arômes des vins, commençons nous par boire le plus de vins possible chaque soir ? Non, bien évidemment. Le résultat serait catastrophique et totalement contre productif puisque nous serions alcoolisés et incapables de tout mémoriser correctement. L’idéal serait plutôt de consacrer chaque journée à un verre de vin différent et d’en prendre les notes correspondantes. La bonne connaissance, ça prend du temps. 

Quand nous souhaitons devenir le meilleur dans notre activité sportive, commençons nous par nous entraîner chaque jour jusqu’à épuisement en oubliant tout le reste ? Bien sûr que non. Cela nous conduirait tout droit vers une blessure qui mettrait un stop définitif à tous nos espoirs. Il vaut mieux programmer des séances d’entraînements régulières et se fixer une hygiène de vie parfaite (alimentation, sommeil, discipline…).

Alors pourquoi est-ce que nous ne faisons pas la même chose avec notre cerveau lorsque nous révisons ? 

Notre cerveau a besoin, de la même manière que les autres muscles, d’être mis dans les meilleures dispositions. Comme un sportif de haut niveau, un étudiant devrait connaître les routines à mettre en place pour réviser efficacement. Malheureusement, l’école ne nous apprend pas ce genre de choses, encore pire, elle propose même bien souvent des méthodes de révisions totalement pernicieuses.

Le problème de l’école

Un modèle préhistorique

L’école est dépassée. Aujourd’hui encore, son programme repose sur l’ancien modèle industriel. Elle est centrée sur la pensée de l’usine, et sa vertu cardinale est la conformité.

Beaucoup, aujourd’hui encore, considèrent que l’école doit être un lieu d’accumulation de connaissance, où l’enfant doit apprendre à être productif. Pas question d’être heureux. Il faut que vous soyez productif. 

S’épanouir ou être productif, il faut choisir. Les deux à la fois ? Impossible pour l’école.

Pourtant, il est évident que tout être épanoui est forcément productif. Alors que tout être productif n’est pas systématiquement épanoui. 

Vous a-t-on déjà parlé de bonheur à l’école ? Je suis prêt à parier que non. Par contre, on vous a sûrement déjà dit que si vous n’étiez pas un bon élève (entendez par là : si vous n’avez pas de bonnes notes) vous allez rater votre vie.

Je suis impressionné par le nombre d’élèves ayant déjà entendu cette phrase au cours de leur scolarité : “tu ne réussiras pas dans la vie”. L’entendre de la bouche d’un professeur du secondaire peut davantage s’avérer cocasse et culotté. Mais soit, c’est un autre débat.  

Et cette phrase là, elle peut détruire des élèves. Le pouvoir des mots ne doit pas être sous-estimé. Si certains en sortiront plus forts, d’un esprit revanchard, beaucoup rumineront ces paroles et finiront par se convaincre qu’ils sont médiocres.

Le buffet à volonté du savoir

En réalité, il y a deux problèmes selon moi dans nos écoles. Ceux qui font les programmes et ceux qui les appliquent. 

Les programmes sont ennuyeux et bourratifs. La plupart de ceux qui les enseignent sont ennuyeux et dépressifs. La boucle est bouclée.

Je n’ai jamais autant apprécié un cours que lorsque le prof était passionné par ce qu’il enseignait. Et devinez quoi ? Ce type de prof se fichait royalement du programme. Les heures de cours étaient toujours d’agréables digressions, captant l’attention de la salle entière. Et aujourd’hui, des années après, je me souviens de ces cours. Les autres ? Rien du tout. Envolés.

Une métaphore magnifique me revient sur l’école. Je la tiens d’un auteur que j’admire et estime beaucoup, Idriss Aberkane. Voilà ce qu’il dit.

Imaginez-vous dans un hôtel. Vous avez en face de vous, un incroyable buffet à volonté. Tout ce que vous aimez est là, les meilleurs fruits, les meilleurs plats traditionnels de chaque pays, les meilleurs vins… Bref, vous êtes littéralement au paradis. 

Maintenant, imaginons que le maître d’hôtel entre dans la pièce et vous dit que vous devez tout manger sous peine d’être sanctionné durement et complètement humilié si vous ne réussissez pas à finir. De plus, tout ce que vous aurez laissé sera retenu sur votre note. Vous avez 1h. Pas plus. Tout d’un coup, vous êtes passé en enfer.

Voilà ce qu’est l’école aujourd’hui. Un buffet à volonté que vous devez ingurgiter. Peu importe la digestion, peu importe la souffrance, vous devez manger le buffet de la connaissance. Vous serez noté là dessus et vous serez durement humilié si vous n’avez rien ou peu mangé.

Tel est la réalité du système scolaire dans notre pays.

L’expérience de l’éléphant qui ne cherche plus à s’échapper

Prenons pour exemple les mathématiques. Combien d’élèves sont totalement désemparés devant une pauvre équation uniquement parce qu’ils se disent : “N’essaie même pas, tu es nul en math”. Cela ne vient pas d’eux. Cela vient du fait que depuis leur enfance, on leur dit qu’ils ne sont pas matheux. Et cela agit comme une corde attachée à eux qui les empêchent d’avancer.

Cela me fait penser à une expérience. 

Un éléphant était accroché à une corde reliée à un piquet depuis sa tendre enfance dans un jardin pour qu’il ne puisse pas s’échapper. Son maître s’est rendu compte qu’il suffisait alors de lui attacher une corde au pied (sans qu’elle ne soit rattachée à quoi que ce soit) pour que l’éléphant ne tente même pas de s’échapper. Il avait associé l’idée que cette corde à son pied était synonyme d’asservissement. Il abandonnait dès lors, toutes idées de liberté. En quelque sorte, il se disait “n’essaie même pas”. 

Pour les personnes a priori médiocres en maths, c’est la même chose. La corde correspond simplement au “t’es nul en math”. 

Une question intéressante à se poser serait : combien de cordes sont-elles attachées à nos chevilles ?

Ceci étant dit sur l’école, venons en à ce qui nous intéresse, être meilleur.

Les petits génies optimisent leur mémoire

Après avoir parlé d’éléphants, la transition pour évoquer la mémoire est donc toute trouvée.

Si vous faites partie de ces gens qui pensent n’avoir aucune mémoire, alors vous êtes au bon endroit. Pour avoir une bonne mémoire il faut déjà savoir comment s’en servir ! La mémoire est un muscle et, comme tous les muscles, elle s’entraîne. Regardons ce que peut nous apporter la science pour nous éclairer.

La courbe de l’oubli d’Ebbinghaus

Ebbinghaus est un philosophe allemand considéré comme le précurseur de la psychologie expérimentale de l’apprentissage. Il a modélisé l’importance des répétitions lorsque l’on souhaite mémoriser des connaissances.   

Ainsi, comme vous pouvez le voir sur le graphique, la courbe rouge correspond à la part d’informations mémorisées dans le temps lorsque l’on ne revient pas sur ce que l’on a appris au préalable, tandis que la courbe violette correspond à la part d’informations mémorisées dans le temps lorsque l’on répète ses révisions.

Le constat est sans appel, sans révision, on oublie TOUT au bout de 20 jours.

Pour illustrer cela, un élève qui aura passé 10 heures le lundi à réviser une seule matière ne se souviendra que de 25% de ce qu’il a appris si son examen tombe le lundi suivant.  

Voilà pourquoi ceux qui révisent la veille sont parfois plus performants que ceux qui ont commencé il y a 1 mois ! 

En effet, le problème majeur des personnes qui commencent à réviser trop tôt réside principalement dans le fait qu’elles ne répètent pas ce qu’elles apprennent. Elles procèdent chapitre par chapitre, ce qui fait que le jour de l’examen, si le sujet porte sur une partie du cours révisé il y a plusieurs jours alors c’est la catastrophe. Le petit fainéant qui a tout révisé la veille n’a pas ce problème.

Injuste me direz-vous ? Se concentrer sur la qualité et non sur la quantité, voilà ce qu’a compris le flemmard qui révise la veille. Mieux vaut retenir 100% de 50% plutôt que 25% de 100%.

Evidemment, tout ne se joue pas sur cette fameuse courbe de l’oubli. Si vous appliquez ces conseils mais que vous révisez n’importe comment et/ou que vous n’aimez pas ce que vous apprenez, alors vous ne faites qu’une seule chose : perdre votre temps.

L’importance de l’amour

Encore un autre secret bien gardé des génies : l’amour.

Bien des gens érigent des grands talents de ce monde en chanceux gâtés par la nature, ou par dieu selon les croyances.

Pourtant il n’en est rien. 

Messi serait un footballeur de talent inné ? Mozart un virtuose de la musique, tout aussi inné ? Pareil pour Jeff Bezos sur l’entrepreneuriat ?

S’il est facile pour se rassurer de tout remettre sur le caractère inné des choses, la réalité est bien souvent un peu plus complexe que cela. Selon vous, qu’est ce que ces trois talents ont en commun qui permettrait d’expliquer leur réussite ? Leurs gènes ? Non. Le gène du foot, du piano ou de l’entrepreneuriat n’existent toujours pas. Par contre, le nombre d’heures passées sur leurs activités, elles, sont bien réelles.

Depuis tout petit, Messi joue au football. Toujours un ballon dans les pieds. Pareil pour Mozart qui ne se détache jamais de son piano. Jeff Bezos, quant à lui, n’aura jamais cessé de créer, d’essayer et d’entreprendre. 

Ces trois génies ont deux caractéristiques communes bien identifiables : ils aiment profondément ce qu’ils font et ils ne comptent pas leurs heures pour cela.

Il n’y a pas de secret dans la vie. Si vous voulez devenir un super guitariste, entraînez-vous chaque jour intensément et vous deviendrez bon. Si en plus vous aimez cela, alors vous deviendrez l’un des meilleurs. 

L’amour et le temps consacré à son activité. Voilà les deux piliers de la réussite suprême.

Alors, est-ce si facile ?

Il n’y a aucun secret. Si on a vu que l’optimisation de la mémorisation était en effet le pilier de l’apprentissage, il y a néanmoins des variables indispensables à la réussite. Aimer ce que l’on apprend, réviser dans un lieu propice au travail ou encore se focaliser entièrement sur ses objectifs sont des éléments plus qu’essentiels que beaucoup ont tendance à oublier.

Croyez-moi, si vous remplissez ces cases alors vous deviendrez le meilleur élève que vous n’avez jamais été avec une facilité déconcertante.

Faites ce que vous aimez. Ne perdez pas votre temps à devenir quelqu’un que vous n’êtes pas. Soyez enfin ce petit génie.

Vincent

Pour compléter ce sujet, je vous conseille vivement ce livre que vous pouvez trouver dans ma bibliothèque.

Et également cette conférence.

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Cet article a 10 commentaires

  1. leblogdespagnol

    Bonjour,
    je suis prof et je trouve cet article très intéressant. Merci de sortir des sentiers battus!

    1. Vincent

      L’avis d’un prof est d’autant plus important, merci!

  2. David J

    Bonjour, ça tombe bien, je suis en train de lire le livre d’Idriss Aberkane. Je trouve sa vision des choses vraiment très intéressante, je le suis aussi depuis peu sur YouTube et c’est incroyable comment il sait utiliser le cerveau. J’ai beaucoup à apprendre de cette personne forte intéressante.

    Je suis vraiment d’accord avec l’article, l’école est vraiment dépassé depuis longtemps maintenant, tout n’est pas noir heureusement car les personnes qui ont envies d’apprendre peuvent très bien le faire d’eux mêmes. Pour la courbe de l’oubli, je la pratique pour justement retenir un maximum de chose, Hermann Ebbinghaus a vraiment fait du bon travail la dessus. D’ailleurs, grâce aux travaux de Matthew Walker, scientifique sur le sujet du sommeii, on sait que la courbe de l’oubli se joue surtout la nuit pendant que l’on dort.

    Pour l’amour, là encore je suis totalement d’accord. En France, “l’amour” en tant que tel est très mal comprit. On pense tout de suite à “bisounours” ou encore “relation homme-femme (ou autre)”. Alors que c’est une émotion profonde. Comme on dit, c’est la synchronicité des opposées. On peut donc très bien être amoureux d’un projet. Les émotions en général nous apportent beaucoup.

    Merci pour cet article 🙂

  3. Laure

    Merci pour cet article super complet ! C’est très motivant !

  4. Esther

    Bonjour, merci pour cet article, en effet l’amour et le temps consacré a sa passion font une grande différence, merci pour cet excellent article😊

  5. Hicha

    très intéressant comme vision des choses, surtout la courbe d’apprentissage j’ai été surpris de voir à quel point elle est réaliste

  6. nicolagravatars

    Amplement d’accord en ce qui concerne l’éducation à l’école, il faut dire aussi que c’est surtout une question de mentalité

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